Quand la performance s'accorde avec la conscience
- Eric Behaghel

- il y a 20 heures
- 3 min de lecture
Dans l’effervescence du World Economic Forum 2026, House of God donne la parole à Eric Behaghel, senior advisor chez Aliter Invest, dans une interview exclusive.

Après 22 ans chez JP Morgan, il accompagne aujourd'hui, au sein d'un family office, des investisseurs qui veulent aligner leurs placements avec leurs convictions - notamment celles inspirées par la doctrine sociale de l'Église.
À Davos, il a porté une question simple et dérangeante : et si les meilleures décisions étaient aussi celles qui s'adossent à une ressource spirituelle ?
Est-ce que vous pourriez décrire votre parcours, ce que vous faites maintenant, vos projets.
Après avoir vendu en Australie des verres fabriqués en France, dans les années 80, j'ai orienté ma carrière vers la finance, car j'ai éprouvé que c'était dans ce domaine que je pourrais satisfaire le mieux ma curiosité intellec-tuelle.
J'ai eu de la chance d'entrer dans une institution de premier plan - JP Morgan - qui, si elle est très exigeante pour ses employés, sait aussi prendre soin d'eux. C'est un monde dur, mais les qualités humaines des équipes sont un vrai stimulant. J'y suis resté 22 ans.
Il y a 6 ans, j'ai rejoint Aliter Invest, un « family office » dont la mission est d'aider ses clients à gérer leurs actifs de manière à ce que les investissements soient faits en adéquation avec leurs convictions [Ndlr. : voir le CLV magazine n°30]. Pour la plupart, cela signifie que les investissements doivent être en adéquation avec les préceptes enseignés par l'Église et, en particulier, avec la Doctrine Sociale de l'Église. Vaste sujet !
La bonne nouvelle est que cette gestion de «conviction» ne se fait pas au détriment de la performance, loin s'en faut. Je découvre avec joie que, sur le long terme, l'adhésion à certains principes et à certaines règles cohérentes avec la Doctrine Sociale de l'Église permettent souvent d'obtenir des performances supérieures.
Où habitez-vous ?
J'habite dans le canton de Genève avec ma femme. Nous avons 4 enfants.
Comment avez-vous été mis en contact avec Nicoleta Acatrinei ?
Par un ami commun. Nicoleta m'avait invité à parler dans un forum « Building Bridges » à Genève. C'est extraordinaire de voir comment sa foi l'aide à déplacer les montagnes.
Quel était votre rôle pendant le forum ?
Je suis intervenu dans des « panels » sur les sujets touchant à la finance en rapport avec les convictions et plus spécifiquement la foi.
Qu'est-ce que vous avez apprécié ?
Tout. Mais plus particulièrement les discussions à brûle-pourpoint avec les personnes qui se présentaient spontanément dans la House of God.
Il y a eu de belles conversations et de belles rencontres entre personnes qui ne se connaissaient absolument pas. J'ai aussi trouvé que certains « panels » étaient très relevés et passionnants.
Si vous deviez citer une phrase de tout ce que vous avez entendu, ça serait laquelle ?
J'ai été frappé d'entendre, de la part de deux participants différents, que des ressources spirituelles sont mises à la disposition des grands décisionnaires de notre monde : il y a par exemple, au Pentagone, aux États-Unis, un endroit dédié aux chapelains. Ceux-ci sont à la disposition des haut-gradés pour les inspirer dans leurs décisions importantes.
Et au sein des Houses of Parliament, à Londres, des extraits des Psaumes sont retranscrits sur les murs en divers endroits.
La phrase que j'ai entendue et qui résume cela : « Les bonnes décisions sont inspirées par quelque chose de l'ordre du spirituel.»



